Tatouage et funéraire : Le symbole d’une identité individuelle visuelle

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Le salon du tatouage s’est terminé il y peu. De tout temps le tatouage était le symbole de l’appartenance à un groupe. Au fil des années il est devenu, au contraire, l’emblème par excellence d’un morceau de vie individuel revendiqué.

Le tatouage est pratiqué depuis des siècles dans de nombreuses cultures. Véritable art ou rite initiatique, il est réalisé de différentes manières suivant la culture et l’époque.

Dès l’ancienne civilisation égyptienne et romaine, nous pouvons retrouver des traces de tatouages qui sont,  par exemple, utilisées pendant les cérémonies funéraires, – pour les égyptiens.

Puis très vite, notamment dans la Rome antique, il a servi a marquer les criminels et les condamnés.

Plus tard il deviendra signe de marque distinctive et d’honneur pour les marins britanniques.

Si pour certaines cultures, comme en Océanie, la tatouage fait partie d’une longue tradition, il peut être aussi symbole d’impureté et interdit dans les religions, notamment dans le christianisme.

Véritable arme politique, En Nouvelle-Zélande, les Maoris signaient leurs traités avec l’élaboration des répliques fidèles des leurs «moko», tatouages faciaux personnalisés. Ces moko sont encore aujourd’hui utilisés pour identifier quelqu’un appartenant à une certaine famille ou est symbole de succès.

En terme de croyance, les indigènes de Bornéo se tatouaient sur la paume de la main un œil afin qu’il puissent valider leur passage vers l’au-delà.

Mais en Europe, les condamnations à l’encontre de la pratique du tatouage ont continué jusqu’au XVe siècle. Ça n’est qu’à la fin du XIX ème s, que le tatouage a commencé à revêtir la signification qu’on lui connait aujourd’hui, à savoir un body art à part entière symbole d’une identité individuelle.
Parmi les personnes célèbres nous retrouvons le Tsar Nicolas II qui s’est fait tatouer un dragon sur le bras gauche.

Puis, comme dans toute évolution, nous observons pendant un temps une régression, le début du XXème siècle regarde dans le rétroviseur, et le tatouage devient à nouveau le sigle des classes inférieures ou des criminels.

Il faudra attendre les années 60-70 pour que toutes les transgressions s’opèrent, faisant passer alors le tatouage des bas fond à l’art revendiqué.
Vingt ans après, le tatouage devient performance, avec des concours, des spécialités des courants, etc.

Et dans le funéraire ?

À l’occasion du salon du tatouage j’ai lu de nombreux articles, dont un qui m’a rendu perplexe. Il y faisait mention que le tatouage chez les personnes qui travaillent dans le milieu du funéraire pouvait être plus « acceptable » faisant passer alors le tatouage comme une revendication gothique et le gothique comme apparenté au funéraire. De gros raccourcis en somme. Le tatouage dans la vie professionnelle pose moins de problème qu’auparavant mais suivant la profession peut-être encore très mal perçu. Ça n’est pas toujours le tatouage en lui-même qui pose question, mais l’endroit où il est réalisé ou ce qu’il représente. Considéré comme discriminant, un employeur ne peut pas refuser une personne sur ce critère mais dans la réalité on constate que c’est encore mal accepté. Dans le milieu du funéraire, il s’agit de ne pas « choquer » les familles. Par exemple une tête de mort sur le cou ou sur la main en réception des familles qui viennent de perdre un être cher, peut être heurtant ou choquant. À l’inverse certains trouveront cela esthétiquement irréprochable et une manière de discuter et d’expier certaines choses. Très aléatoire dans son fonctionnement, le tatouage reste très personnel dans son identité et dans son acceptation.

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