Thanatopracteur, après Perpignan, comment gérer vos déchets

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L’explosion d’une récente affaire concernant un thanatopracteur nous a donnés envie d’en savoir plus sur les déchets issus des soins de conservation. Nous avons donc demandé à un expert.

Sordide affaire

69_famille_Dasri_1005-1170-257x300 Thanatopracteur, après Perpignan, comment gérer vos déchetsCela ne pouvais pas plus mal tomber : trois jours après l’émission des Infiltrés, qui montrait un visage peu sympathique des pompes funèbres, la presse s’empare de l’affaire de ce thanatopracteur à Perpignan dans les Pyrénées-Orientales qui stockait des bidons de sang dans son garage, avant de les répandre dans la nature. Des matières pas toujours biodégradables, d’ailleurs, le corps humain étant une parfaite petite usine chimique. Thanatopracteur, au passage, qualifié d’embaumeur dans la presse, les professionnels de la thanatopraxie apprécieront.

L’individu en question est, d’un point de vue judiciaire, au plus mal : les faits sont accablants. Mais il n’est qu’un mouton noir, pas du tout représentatif de la profession. Quelles sont les consignes que doivent respecter les thanatopracteurs honnêtes en matière de déchets infectieux ?

Nous avons posé la question à Cédric Ivanes, président du Syndicat Professionnel des Thanatopracteurs Indépendants et Salariés et thanatopracteur expérimenté lui-même. Il n’a pas souhaité s’exprimer sur l’affaire elle-même, puisque le SPTIS est partie civile, mais n’a pas manqué de rappeler les obligations de chacun et son souhait de les voir respecter dans un souci d’éthique et de transparence.

Les DASRI

L’article R. 1335-5 du code de la santé publique rappelle l’obligation de séparer les Déchets d’Activité de Soins à Risque Infectieux des autres déchets. « Les DASRI collecté sont placés dans des récipients adaptés, à usage unique » explique Cédric Ivanes, « qui eux-même sont déposés dans des collecteurs, les fameuses grandes boîtes jaunes qu’on peut voir parfois avec les thanatopracteurs ». Uniquement les fluides, d’ailleurs « Les fournitures usagées, gants, protections etc… sont placés dans des containers spécifiques ». Ces boîtes sont ensuite prélevées par des sociétés de collecte habilitées, afin d’être incinérées.

Bien sûr, cela a un coût, qui se facture au poids « il est difficile de donner un prix moyen, qui se calcule au Kilo, tant les tarifs changent entre les régions, et certains opérateurs peuvent négocier des tarifs avec les sociétés de transports au vu des quantités » toutefois, pour avoir un ordre d’idées « un collègue a calculé que ça lui revenait en moyenne à 700 euros par mois. »

Mais en attendant, ou sont entreposés ces boîtes jaunes ? « Les hôpitaux et certains funérariums disposent de leurs propres filières d’élimination et nous permettent de laisser les déchets parmi les leurs. Mais la plupart du temps, nous devons les enlever nous-même, et les entreposer dans un local de stockage spécifique et adapté en attendant la collecte. »

La collecte a lieu tous les combien de temps « Selon la législation, pour des déchets d’un poids inférieur à cent kilos, on dispose d’une semaine, mais de seulement 72 heures pour les déchets supérieurs à cent kilos ». Le transporteur délivre d’ailleurs un reçu « Pour la traçabilité », explique Cédric Ivanes, « Ces reçus doivent être gardés en cas de contrôle à la DDASS ».

Cédric Ivanes insiste sur un point important « Chaque thanatopracteur doit rédiger une convention d’élimination avec l’entreprise qu’il a choisie, convention qui doit préciser les modalités d’enlèvement, la fréquence, les poids maximum de chaque container. Tout doit absolument être listé et précisément définis ».

De l’importance du respect de la loi

Les DASRI concernent autant la santé publique que l’écologie, puisque les fluides corporels humains ne sont pas tous inoffensifs ou biodégradables. Outre l’impact que l’affaire peut avoir sur l’imaginaire du public (des bidons de sang entassés dans un garage), c’est de l’avoir répandu en pleine nature, peut être à proximité de cours d’eau ou de napes phréatiques, qui pourrait avoir le plus de conséquences sanitaires.

Cédric Ivanes insiste sur l’importance du respect de la législation en vigueur « En dehors du fait de l’image désastreuse que cela peut avoir sur la profession, un comportement sain est profitable à sa propre activité, à ses clients pompes funèbres, mais surtout vis à vis des familles, et c’est pour cela que nous continuerons à les dénoncer »

L’auteur remercie Cédric Ivanes pour son aide à l’écriture de cet article. Interview réalisée par téléphone. Les erreurs ou oublis éventuels seraient le seul fait de l’auteur.

18 COMMENTAIRES

  1. les DASRI sont une chose ,mais que fait le thanatopracteur des stimulateurs cardiaques qu’ il récupère ?
    ces piles en lithium sont de vraies dangers pour l’ environnement !

  2. Le SPTIS a conclu un partenariat avec le Docteur Dodinot pour collecter et envoyer certains modèles de défibrillateurs et de stimulateurs cardiaques afin d’être réimplantés en dehors de France puisque cette pratique est interdite.
    Donc pour certains modèles bien précis une liste est consultable sur Funéraire Info ou sur notre site pour connaitre les références et modèles que vous pourrez réexpédier à moindre frais et contribuer ainsi à une action humanitaire.

  3. Oui il est vrai que les pace-makers sont toujours un problème… réutilisation ? j’ai été contacter un jour par une association mais pas de nouvelles depuis…

    Les déchets doivent être traités et ce thanato est, effectivement, peu représentatif, de la profession.

  4. C’est cool, on a notre milice maintenant. Mais je me demandais, on doit dénoncer aussi les Thanatos qui bossent avec des fluides non agréés?

  5. Pour répondre à François, nous avons à notre connaissance d’autres faits similaires et nous y travaillons et certain(es) pousseront encore des cris et gesticuleront à tout rompre en disant qu’on salit la profession et d’autres aberrations de ce style mais ces gens là n’ont rien à faire dans notre profession à moins que l’ATF par la voix de sa porte parole, Madame Sarazin, pense qu’il faille les laisser excercer en toute impunité au détriment de ceux qui paient leur DASRI au prix forts et qui travaillent correctement et dont les prix ne peuvent être que supérieurs puisque les charges ne sont pas les mêmes!
    Enfin pour répondre à Claire Sarazin, nous ne dénonçons personne, les faits viennent à nous par les services de Gendarmerie, par les Préfectures et parfois par des professionnels qui s’estiment lésés (à juste titre), quant aux produits « agrées », sachez chère Madame que la législation Européenne prévaut sur la loi Française donc à bon entendeur…

    • J’ai un doute en ce qui concerne le fait que la loi Européenne prévaut sur la loi Française sur le sujet des fluides. D’autant plus qu’un des revendeurs ne fournis plus en France directement à cause de la loi en question. Il serait bon d’avoir l’avis d’un juriste sur la question.

  6. Est -ce que l’ATF a déjà dit quelque chose de ce genre? Ou Madame Sarazin? Les membres de l’ATF comme tous les autres Thanatopracteurs ont aussi à subir ces pratiques. Simplement la délation c’est une culture et ce n’est pas la nôtre. Nous préconisons le dialogue et l’information face à ces comportements avant d’ameuter la presse.

  7. Mr Naraboutin, est-ce qu’un membre du SPTIS est alle parler a ce thanato avant de le denoncer? Si je peux me permettre, je ne vous ai pas trouve tres virulent sur France2, vous n’avez pas parle des tarifs des soins par exemple. Il y avait pourtant matiere a debattre.

  8. Bonjour Monsieur Bouklo,
    Je vous invite à vous reporter aux réponses ci-dessus, vous y trouverez toutes les réponses à vos questions et nous partageons votre avis Mme Sarazin, nous ne pratiquons pas la délation, en revanche on nous informe de différents faits, d’ordre délictuels ou pénaux et nous prenons les décisions qui s’imposent pour le bien de la thanatopraxie et de ceux et celles qui s’efforcent d’en vivre décemment…
    Commentaires clos pour le SPTIS, tout a déjà été dit pour nous, merci !

  9. Nous avons toujours dit qu’il y avait un gros travail de fond à faire avec (et pas contre) les Thanatos pour que tout le monde rentre dans les clous. Je continue à croire qu’on peut ramener tout le monde à la raison sans en passer par là. Je suis une Thanato qui s’efforce d’en vivre décemment et ça me désole tout ce foin. Je me remettais à peine de l’émission de vendredi… Et j’ai bien peur que ça ne fasse que commencer, je me trompe?

  10. moi j ai telephoné a l ars et a la prefecture car mon patron est tres louche a ce sujet pas de contrat boco cacher dans sa cave , gants jeter dans la poubelle et bah ils font rien du tout sa me degoute….

  11. Bonjour, étonnant cet article sur ce mouton noir de thanatopracteur qui à preuve du contraire n’a pas encore été jugé ni condamné 🙂
    Étonnant cet article ou Monsieur Le Président du SPTIS est intervenu à la demande d’un de ses adhérents et sans doute ami, délateur mensonger …
    Même délateur concurrent qui par l’intermédiaire du SPTIS a attaqué HYGECO au tribunal pour concurrence déloyale alors que cette même personne voulant vendre sa société à HYGECO ..drôle Non ?
    Étonnant ce chiffre de 700 euros de frais par mois …? pour combien de soin ?
    Étonnant ces interventions pour défendre un fluide d’injection non homologué …et pour info, c’est la loi Française qui prévaut avant la lois européenne …Ne serait-ce pas parce le SPTIS a été crée pour contrer l’entreprise qui fabrique le fluide (Hygeco)..
    Étonnant que le syndicat ai a sa tête un thanatopracteur remplaçant sans clientèle ..Normal, les artisans ont sans doute autres chose à faire que de se nourrir de ragots infondés …
    Est-ce que avant de cracher sur ce mouton noir vous avez chercher à connaitre la vérité ? Ne vous êtes vous pas dit que ce serait peut-être juste une histoire de concurrence qui pour arriver à ses faim n’a rien de trouver de mieux que d’inventer une histoire intéressante et vendeur de torchon qui finalement aura eut un impact sur toute votre profession ….
    C’est mon avis, mais il faut toujours savoir que la roue tourne et que personne n’est à l’abri de ce genre de personnage qui seront prêt à utiliser le SEPTIS pour exterminer ses concurrents …a+ Marc

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