Thanatopracteur condamné à Perpignan : la réaction du SPTIS

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levée des soins
Cédric Ivanes, président du SPTIS

Un thanatopracteur a été condamné par la justice, en début de semaine, pour avoir déversé du sang dans la nature en lieu et place des moyens de traitement habituels. Une affaire ou le SPTIS (Syndicat Professionnel des Thanatopracteurs Indépendants et Salariés) était partie civile. Cédric Ivanes, le président du syndicat, fait part de sa réaction.

Funéraire Info : Pourquoi le SPTIS était partie civile dans cette affaire ?

Cédric Ivanes : Il faut remonter au début, en 2013. La gendarmerie en charge de l’affaire a contacté le syndicat pour obtenir des précisions sur la pratique de la thanatopraxie. L’affaire a débuté un mercredi, dès le lendemain, j’étais dans les bureaux de la gendarmerie. J’y suis resté six heures : les enquêteurs souhaitaient se faire une idée très précise de la pratique « normale » d’un soin de conservation, et de ses suites, traitement des DASRI, etc…

Dès lors, il apparaissait logique que le SPTIS se porte partie civile. Parce que nous étions déjà impliqués, du fait de cette convocation, bien entendu. Mais surtout parce que l’affaire était médiatisée, et qu’il nous est apparu comme essentiel de pouvoir accéder au dossier afin de pouvoir avoir connaissances des faits et de pouvoir expliquer aux familles que « ce n’est pas la pratique normale de la thanatopraxie ». Et nous avons eu raison.

FI : Dans quel sens ?

CI : Le système de défense du thanatopracteur accusé était de soutenir qu’il pratiquait une technique différente, produisant très peu de sang. Il prétendait percer le cœur pour que le sang s’évacue dans les cavités dorsales. Les experts ont expliqué qu’en procédant de cette manière, le soin de conservation aurait été de piètre qualité

Présent et ayant connaissance des éléments du dossier, le SPTIS pouvait contrer ces arguments et expliquer pourquoi ils n’étaient pas recevables. Il y avait, principalement, deux choses de condamnable dans ces accusations : répandre des DASRI en pleine nature, avec tous les risques que cela comporte en termes de santé publique. Et facturer à des familles des prestations non effectuées. Et une troisième chose : ne pas traiter ses DASRI lui permettait de casser les prix, ce qui constitue une concurrence déloyale vis à vis de ses confrères.

FI : Quelle est la réaction du SPTIS au verdict ?

CI : Nous sommes très satisfaits que ce thanatopracteur ait été reconnu coupable. Cela signifie que ce n’est pas une pratique normale et répandue dans la thanatopraxie.

Sur les peines en elle-même, nous ne les commentons pas. Nous demandions une interdiction complète d’exercer, le tribunal n’a pas suivi cette demande pour ne pas exclure de la société ce thanatopracteur qui n’a que ce métier et cette seule source de revenus, alors qu’il est dans une situation personnelle difficile. Il a le droit de travailler en tant que salarié. Ceci implique que son employeur serait, à l’avenir, co-responsable de ses pratiques en cas de récidive. Le SPTIS l’observera, de toute façon, de très près.

FI : Le SPTIS a reçu des dommages et intérêts, qu’allez-vous en faire ?

CI : Il a en effet été condamné à verser 4000 euros au SPTIS. Nous allons utiliser cette somme en intégralité pour communiquer sur la pratique normale, transparente et honnête de la thanatopraxie. La médiatisation de cette affaire a donné une mauvaise image du métier, nous allons travailler à la rétablir.

Le site du SPTIS

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