Titouan : quand la souffrance réclame la décence

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annoncer un décès

La triste affaire de Titouan, le bébé prématuré, a donné lieu à un cafouillage qui révèle peut être un malaise dans la presse…

Cafouillage : à 11 H 54 ce matin, France 3 annonce le décès de Titouan, ce bébé prématuré pour lequel les parents refusaient l’acharnement thérapeutique.

Seulement, à 13 h, le journal de TF1 annonçait que les médecins avaient décidé d’arrêter les soins et de le laisser partir. Titouan était toujours vivant.

On comprend un peu ce qui se passe : l’attention médiatique est focalisée sur ce petit bébé, et, maintenant que sa mort a été actée, chacun veut être le premier à l’annoncer. Le journaliste de France 3 a peut être fait son boulot, en répétant une information qu’il tenait de l’entourage. Ou il a peut être été « à la pèche » : on lance l’info pour « prendre date » sur les moteurs de recherche, et être le mieux référencé lorsque le communiqué de l’hôpital sortira.

Mais ne vaudrait-il pas garder l’essentiel en vue ? Cette histoire n’est pas juste une histoire, c’est une affaire humaine, avec des parents qui ont pris une décision difficile. L’annonce du décès de cet enfant sera un « temps » médiatique qui sera relégué dès le lendemain, tandis que la douleur des parents sera présente longtemps.

Il y a un malaise de la presse, c’est indéniable. On constate aussi une défiance du public vis à vis de cette presse, toutes les études le disent. Se livrer à une course à la mort n’arrangera rien. C’est le moment ou jamais, sans doute, de réfléchir à l’éthique et la responsabilité. C’est quelque chose qu’on sait faire, nous, les journalistes : on a tellement attaquée celle des médecins, en cette occasion.

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