Un carnet pour mieux vivre le deuil avec son enfant

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enfant endeuillé

Donner à l’enfant une place à part entière lors d’obsèques : c’est l’objectif de Sarah Paquentin, créatrice de la maison d’édition « La petite gomme ». La jeune Lorraine  proposera en septembre un carnet adapté où exprimer librement dès 3-4 ans ses sentiments autour du deuil.

Paquentin-169x300 Un carnet pour mieux vivre le deuil avec son enfantEn activité depuis mars dernier, elle conjugue dans ce projet ses expériences récentes : la perte de son père, la naissance de deux enfants, une formation de sociologue qui la fait s’intéresser au travail des thanatopracteurs, suivre un cursus d’assistante funéraire pour comprendre ce milieu, et exercer comme fleuriste. De quoi vouloir, comme elle l’explique, travailler sur les notions de temps, de mémoire et de souvenir. Et souhaiter accompagner le deuil chez les enfants. Mais pas seulement : sa maison d’édition abordera aussi d’autres moments difficiles de la vie : la perte d’un animal de compagnie ou le divorce des parents.

Funéraire Info : Vous voulez éviter que l’enfant reste seul avec son chagrin…

Sarah Paquentin : C’est très important. A tort, on veut souvent lui épargner de la douleur en l’écartant. On lui dit que papy est parti au ciel, qu’il a disparu. Mais si on ne l’intègre pas aux obsèques, lui qui ressent sans comprendre ce qui se passe, cela se répercutera à long terme. Il aura des difficultés scolaires, des problèmes de sommeil. On devra aller chez un psychologue pour quelque chose qui aurait pu être réglé en amont. Bien sûr, cela dépend aussi de son âge, des sensibilités et croyances de chacun.

Vous vendez un « carnet du deuil ». Quel en est le mode d’emploi ?

S.P. : Il permet extérioriser le deuil, de faire participer l’enfant dès 3-4 ans. Dès qu’il sait dessiner, poser quelques mots.  Quelque chose qui va être de l’ordre de leur empreinte à eux, qui leur permettra de participer comme les adultes à ce rite de séparation, de détachement avec le défunt, que sont les obsèques. Cet album compte 64 pages, Les premières s’adressent aux parents et leur disent comment s’en servir. Parce qu’il s’agit d’un accompagnement à partager, d’un soutien. Cela reste avant tout l’album de l’enfant, qu’il conservera. Il va coller la photo du dernier Noël avec le défunt, ou d’un anniversaire. Il va écrire, dessiner, coller un mouchoir parfumé, par exemple. Le carnet est vendu avec quatre crayons de couleurs et cinq feuilles d’origami pour créer des objets à déposer dans le cercueil, sur la sépulture ou simplement à garder dans sa chambre en hommage.

Comment se le procurer ?

S.P. : Il est vendu 25 euros, soit auprès des pompes funèbres, soit via mon site internet dont une nouvelle version sera en place en novembre. J’ai démarché plusieurs pompes funèbres. Je vais travailler avec celles de Boulogne-sur-Mer, par exemple. Je pensais que j’aurais un accueil plus compliqué. Elles sont déjà très sollicitées. Mais ce que j’apporte n’est pas en concurrence avec elles. C’est un service aux familles qui ne se fait pas habituellement. Je ne suis pas qu’un simple prestataire qui s’ajoute au devis.

Vous cherchez aussi à expliquer les nouvelles pratiques funéraires…

S .P. : Oui, notamment en donnant des conférences comme celle prévue à Boulogne-sur-Mer fin octobre. Avec Fabienne Hilmoine et d’autres femmes du funéraire, nous créons une association cet été pour proposer des conférences un peu partout en France.

Dans notre série d’été consacrée aux femmes du funéraire : « Dernières confidences » : pour aider au deuil, A tout jamais veut « remettre de l’humain », Obsèques : Elicci se développe en musique, AlteRriva : le soucis des belles obsèques et Funéraire : entreprendre au féminin.

 

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